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La photo de mariage

8 septembre 2009

Parmi les événements dont on veut absolument garder une trace photographique, le mariage figure en bonne place. Aussi, il n’est pas rare pour les amateurs de photographie de se voir proposer la couverture photographique de la cérémonie toute entière : « Toi qui a un bel appareil, veux-tu prendre les photos de mon mariage ? » Avant de répondre, il faut savoir que la photo de mariage est un art à part dans le monde de la photographie et un art très difficile. Difficile à cause des conditions de prise de vue très variées, difficile à cause des symboles très forts qu’il faudra faire apparaitre sur les photos, difficile enfin à cause de la tension qui règne bien souvent dans ces cérémonies.

photo de mariage

Tout au long de cette journée de fête, plusieurs lieux vont se succéder : l’intérieur d’une maison ou d’un appartement pour les derniers préparatifs, la mairie, l’église, le vin d’honneur dans un jardin, une salle de fête pour le diner. Chacun de ces endroits aura des conditions de prises de vue différentes et pourra devenir un véritable défit pour le photographe. Les pièces où les mariés se préparent peuvent être exigües, mal éclairées ou tout simplement peu esthétiques. La salle des mariages de la mairie peut être pleine à craquer et il vous sera impossible de prendre du recul. L’église aura toutes les chances d’être peu lumineuse, tandis que sur son parvis, tout sera écrasé par une lumière très forte, faisant faire la grimace aux mariés. La soirée enfin se déroulera sous un éclairage artificiel fait de lampes diverses qui vont modifier la balance des blancs tout en n’offrant que peu d’intensité. Mais le problème ultime, c’est de se retrouver avec une mariée habillée en blanc et un marié habillé en noir. Un choix cornélien se présente alors : faut-il bien exposer la robe blanche au risque d’avoir le costume de Monsieur noir de noir ou privilégier les nuances de noir et risquer de brûler les blancs de la robe de Madame ? Le problème se complique encore si Madame a la peau sombre et Monsieur la peau claire.

Certains moments de la cérémonie sont incontournables et il faudra les immortaliser en faisant apparaître les symboles qui vont avec :

  • La préparation des mariés et particulièrement de la mariée qui va se parer de ses plus beaux atouts. Il faut la voir être coiffée et maquillée, il faut montrer la tension qui monte avant l’heure H, mélangée au bonheur.
  • Le passage à la mairie, montrant l’émotion des mariés, de leurs proches, le ton solennel de l’élu, le baiser, la signature des registres.
  • L’arrivée à l’église, le marié qui attend sa promise, son père qui l’accompagne à son bras, le curé, les sermons, la remise des alliances, le baiser, l’émotion, les discours et prières…
  • La sortie de l’église, le riz, le bonheur, les rires, les larmes et le cortège de voitures rutilantes et décorées
  • Le vin d’honneur, les félicitations, les amis, les parents, les enfants qui jouent et les verres qui se vident
  • Le diner, les discours, les tables dressées, les petits plats dans les grands, les jeux, les danses et les verres de trop
  • Puis, le lendemain, des photos posées avec les mariés dans des poses plus ou moins romantiques
  • Amour, joie, bonheur, amitié, complicité, émotions, rires, larmes… Que de choses à mettre en boîte !

Tous ces instants, toutes ces émotions ne se passeront pas sans une certaine tension, un certain stress. Car cette journée sera le fruit d’une longue préparation pour que tout soit parfait. Et les photos font partie de ce tout. Ce stress que ressentiront les mariés et leurs proches se transmettra forcement au photographe qui sera déjà soumis à une certaine pression face à toutes les difficultés précitées. Il devra jouer des coudes pour être toujours au plus près des mariés, changer d’objectifs entre deux scènes importantes ou sortir le flash en pensant à la déception des mariés si les photos ne leur plaisaient pas. Tous ces éléments m’ont toujours rendu réticent à couvrir un mariage. Mais la raison qui m’a toujours fait refuser lorsque des amis me l’ont demandé, c’est que le photographe du mariage passe forcement à côté du mariage. Il est impossible de penser à tout ce que je viens d’écrire et de vivre ce moment auprès de ses amis.

Photographier ou fêter, il faut choisir !

Penser avant de déclencher

24 août 2009

J’ai souvent entendu des personnes dire en prenant une photo « j’en prends plein, il y en aura bien une de bonne » et, récemment encore, un spot publicitaire vantait qu’avec la capacité de l’appareil à prendre des photos en rafale, il y avait toujours une photo de réussie.

Prendre une photo en comptant sur la chance est à mon sens une grande erreur. On peut certes essayer plusieurs réglages pour varier les effets ou changer d’angle de vue, mais l’important est de penser à l’image qu’on veut obtenir avant de déclencher. Penser avant de déclencher, mais penser à quoi ? C’est en répondant à cette question qu’on choisira la façon de prendre la photo :

  • Qu’est-ce que je veux photographier ? Une personne, un objet, un paysage, une scène ?
  • Pourquoi ai-je eu envie de le photographier ? La lumière, l’attitude, la beauté, la fantaisie, le souvenir ?
  • Que mettre dans le cadre et quoi enlever ? Les symboles, les choses belles ou laides, un plan serré ou large ?
  • Où placer les éléments, comment inviter le lecteur à parcourir l’image, lui donner un point d’accroche ?

Armé de ces réponses, faites quelques prises de vue, sans ‘mitrailler’. Le résultat n’en sera que meilleur et le travail de post-traitement allégé. De quoi récompenser la réflexion n’est-ce pas ?

Photographier un paysage

17 août 2009

Certains paysages laissent sans voix, et on pourrait rester des heures à les contempler. A chaque fois, la reproduction photographique d’un tel paysage est décevante par rapport à la réalité car les échelles ne sont pas comparables.

Pourtant, une photo de paysage peut faire l’objet de très belles images. Il suffit de réussir à faire ressortir les éléments qui vous émerveillent, en les isolant de la grandeur : la lumière, la texture, les lignes, les couleurs. Ainsi, on ne photographiera pas de la même façon une montagne caillouteuse et un champ de lavande, un coucher de soleil et une friche industrielle. Dans tous les cas, le lecteur de la photo ne pourra pas embrasser le paysage dans sa globalité comme peut le faire quelqu’un au bord d’une falaise. Il va falloir le guider pour parcourir le paysage en plaçant judicieusement les éléments qui le composent. Un point d’accroche est nécessaire, sans quoi la profondeur ne ressortirait pas, et le paysage apparaîtrait plat, sans relief.
Photographier un paysage

Dans la photo ci-dessus, c’est la route qui accroche l’œil par sa couleur foncée et sa courbure. Cela peut être un objet en premier plan (une pierre, des fleurs, une fontaine, un banc, etc.), un arbre isolé, un personnage comme sur la photo accompagnant l’article sur la règle des tiers, un animal, un petite chapelle, une maison. L’idéal est que cet élément soit aussi un symbole qui aide à l’identification du paysage : une bergerie dans des alpages, un tracteur dans un champ de blé, une épave de bateau en bord de mer… L’œil accroché, Il faut ensuite jouer sur les lignes qu’il va suivre pour parcourir l’image: la ligne d’horizon, une route, une arête rocheuse, une tour, la traînée d’un avion dans le ciel… Ici, l’œil accroche la route, suit sa courbure vers le haut, longe la ligne d’horizon vers la droite et finit attiré par le relief des dunes éclairées par le soleil couchant. Sans ce parcours de l’image, le lecteur ne peut pas en percevoir la dimension et l’image perd une grande partie de son intérêt.

Soigner son cadrage

7 août 2009

Avez-vous remarqué la façon dont l’œil est capable de s’attarder sur un tout petit détail d’une photographie ? Ce détail peut être un immense plus s’il est judicieusement choisi. Il peut aussi gâcher une photo si le photographe ne l’a pas remarqué lors de la prise de vue : un papier qui traine par terre, une poubelle qui déborde, une voiture garée en vrac sur un trottoir, une affiche publicitaire, une ligne électrique, un interrupteur sur le mur, un radiateur dans un coin, une bouteille en plastique sur une table… Autant d’éléments disgracieux qui attirent l’œil du lecteur et le détournent de la photo. Aussi, avant de prendre la photo, ne vous concentrez pas seulement sur le sujet principal, parcourez l’ensemble du cadre pour en repérer les éléments indésirables et enlevez-les (ou sortez-les du cadre s’ils sont immobiles).

Soigner son cadrage

Sur cette photo par exemple, j’avais patiemment attendu que l’enfant soit seul dans le rayon de la bibliothèque pour lui demander d’attraper un livre situé tout en haut pour créer une situation cocasse propre à l’enfance. Je n’avais alors pas remarqué ce papier sous l’étagère, ainsi que ce chewing-gum collé sur la moquette. Aujourd’hui, je ne vois que ça…

Dans le même genre, j’essaye d’éviter les vêtements avec des inscriptions car l’œil va instinctivement lire ce qui y est écrit. Il faut alors cadrer plus serré sur le visage et les épaules ou prendre la personne plus de profil.

Bien-sûr, ce n’est pas une règle absolue, ces éléments perturbateurs peuvent venir renforcer la photo, mais ils seront alors choisis délibérément. Un t-shirt scandant « don’t worry be happy » viendrait renforcer l’image d’une personne semblant heureuse, de même qu’une poubelle sale juxtaposant un individu particulièrement élégant s’avèrerait être un contraste intéressant. Tout est question de point de vue.

Protéger son APN du sable

29 juin 2009

Pour beaucoup, les vacances d’été sont synonymes de repos, de mer et de plage. Ces vacances, immanquablement, sont à immortaliser en capturant des images de ces moments privilégiés. Mais si les hommes s’accommodent bien de ces heures rythmées par les marées, les appareils photo n’apprécieront pas l’eau, le sel et surtout le sable. S’il parait évident de les protéger de l’eau, le sable est un élément tout aussi indésirable. Il s’infiltre partout, transporté par les mains et par le vent, jusqu’à aller s’immiscer dans les mécanismes délicats qui constituent un appareil photo.

Voici quelques conseils pour éviter que ces grains de sable n’usent prématurément votre appareil, qu’il soit compact, bridge ou reflex :

  • transportez toujours l’appareil dans un étui fermé, cet étui étant dans un sac fermé. Il y a toujours du sable qui trainera au fond de vos poches,
  • ne sortez l’appareil de son étui seulement quand vous voudrez prendre une photo, temps pendant lequel il faudra refermer l’étui vide et le remettre dans le sac pour ne pas que du sable s’y introduise,
  • ne manipulez l’appareil qu’après avoir bien enlevé le sable de vos mains,
  • une fois les photos prises, remettez l’appareil dans son étui, puis l’étui dans un sac fermé,
  • pour ceux qui ont un reflex muni de plusieurs objectifs, évitez de changer d’objectif sur la plage,
  • enfin, une fois rentré de la plage, vérifiez votre étui et enlevez le sable qui s’y est introduit (et profitez-en pour enlever toutes les autres saletés qui s’y accumulent tout au long de l’année).

Vous souvenez-vous du problème de sous-exposition lorsque le sol est enneigé ? Le même phénomène se produit sur une plage car le sable, comme la neige, réfléchit une grande quantité de lumière reçue par le soleil. De la même manière, il faudra forcer une surexposition, mais pas autant que pour la neige (Lire Réussir une photo à la neige). Ici, une surexposition de +0.5 suffira. Pour les prises de vue, préférez le matin. La lumière est plus douce et les plages sont presque désertes.

Enfin, n’oubliez pas de vous laisser bercer par le bruit des vagues et des mouettes…

Photographier les enfants

22 juin 2009

Les enfants constituent un formidable sujet à photographier pour tous ceux qui aiment être en leur compagnie. Alors qu’un adulte cessera d’être naturel et prendra une pause dès qu’il apercevra un objectif pointé vers lui, l’enfant fera l’inverse en gardant toute sa spontanéité. Le photographe peut alors facilement saisir l’univers extraordinaire de l’enfance. Il devra pour cela avoir un peu de patience pour saisir le sourire, l’air rêveur ou le regard coquin de ces chers bambins qui ont vite fait d’oublier qu’un adulte se trouve à côté d’eux avec un objet dans les mains appelé appareil photo. Quelques minutes d’affût seront récompensées par des images symbolisant l’enfance, son imagination, ses rêves, ses jeux et tout le bonheur qui l’accompagne.
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Lorsqu’on a une image précise en tête et qu’on souhaite mettre l’enfant dans une situation précise, la tâche est un peu plus compliquée. Il ne suffit pas en effet de lui demander de faire l’action voulue au bon endroit comme « mets-toi devant le pot de fleurs et souris ». Il faudra amener l’enfant à se mettre en situation par le jeu, devenir son complice et diriger subtilement l’activité pour que tout se fasse avec cette spontanéité que seuls les enfants savent garder.
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Puis un jour, l’enfant deviendra complexé, refusera de se laisser prendre en photo en se cachant le visage ou en faisant des grimaces. Ce sera devenu un adolescent et le photographier deviendra beaucoup plus compliqué…
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Le filé ou comment photographier le mouvement

15 juin 2009

ski-fileAlors que la vie est faite de mouvements, une photographie en fige un très court instant sur une image fixe. Difficile alors de montrer ces mouvements, de les faire sentir au lecteur de la photo. Avec le filé, ça ne l’est pas tant qu’il peut le paraître. Alors qu’habituellement, un sujet qui bouge dans un décor fixe devient flou, il s’agit ici de bouger avec le sujet, d’accompagner son mouvement pour que ce soit l’arrière plan qui apparaisse flou tandis que le sujet reste net.
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Photographier une ville la nuit

3 juin 2009

Une ville regorge de sujets pour un photographe. On peut jouer sur les textures de ses murs, les lignes de ses rues et de ses monuments ou sur l’animation de ses places. La ville vit et ses aspects changent selon les moments de la journée, de la nuit. Alors que la journée est éclairée par une source de lumière unique, le soleil, les illuminations nocturnes offrent une multitude de points lumineux. Cet habit de lumière que revêtent rues, bâtiments et monuments est propice à de jolies photos mais est aussi plus exigeant techniquement.

Tout d’abord, le manque de lumière vous obligera à choisir entre une sensibilité élevée (et une image bruitée) ou un temps de pose long. Un temps de pose long est préférable mais il nécessite d’avoir un pied. Comme il n’est pas aisé de visiter une ville en transportant un trépied, il faudra chercher à poser l’appareil quelque part, sur un muret, un banc, voire même une poubelle. Pour être sûr de ne pas faire bouger l’appareil en appuyant sur le déclencheur, l’emploi d’une télécommande ou du retardateur s’imposera.

Il faut aussi veiller à ne pas avoir de reflets provenant d’un projecteur ou d’un réverbère. L’emploi d’un pare-soleil est un bon moyen de s’en protéger. Si la lumière à l’origine du reflet n’est pas cachée par ce pare-soleil, il faudra chercher à la cacher avec la main, ce qui donne un nouvel intérêt à utiliser le retardateur.
Le choix de la balance des blancs peut paraitre délicat mais le mode automatique est souvent très satisfaisant.
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Un portrait avec un flou en arrière plan

27 mai 2009

Un portrait bien réussi est un portrait qui met en valeur la personne photographiée en n’attirant pas l’œil sur tout ce qui est extérieur à ce personnage, c’est-à-dire ce qui est en arrière-plan. On peut pour cela trouver un fond uni pour faire poser le modèle devant, mais c’est rarement possible sur le terrain, ou bien on peut rendre l’arrière-plan flou par les lois de l’optique. Voici comment procéder :

  • En mode automatique, prenez le mode-scène dédié au portrait, souvent symbolisé par un buste coiffé d’un chapeau. Éloignez le modèle du fond, rapprochez-vous de lui et zoomez un peu, environ à la moitié des capacités du zoom d’un objectif standard. L’appareil fait tout seul la mise au point en détectant le ou les personnes à photographier. Souvent, il fait la mise au point sur ce qui est le plus proche de lui. Aussi, prenez garde à ce qui peut être en avant-plan : une bouteille posée sur la table, une plante sur le côté, un grillage. Si l’appareil fait la mise au point dessus, le modèle sera flou et la photo ratée.
  • En utilisation manuelle, choisissez le mode ‘priorité ouverture’ nommé A, avec une ouverture de f4 ou moins pour ouvrir le diaphragme en grand, jusqu’à une valeur de f1,4 pour les objectifs les plus lumineux. Éloignez le modèle du fond, rapprochez-vous de lui et zoomez un peu, environ à la moitié des capacités d’un objectif standard. Faites la mise au point sur les yeux et déclenchez au bon moment.

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Choisir son premier reflex numérique

28 avril 2009

Choisir son premier reflex numérique n’est pas chose facile tant le choix est vaste. Canon, Nikon, Olympus, Pentax, Sony, entre autres, proposent des kits boitier + objectif pour les amateurs entre 500 et 1000 €. Pour choisir celui qui vous convient le mieux, vous devez déterminer le type de photos que vous voulez prendre, et la manière de les prendre. Pas facile pour un débutant, mais on vient rarement au reflex sans une certaine expérience de la photo.
reflexBien souvent, l’envie vient d’une frustration issue de l’utilisation d’un appareil compact ou d’un bridge.

C’est cette frustration qu’il va falloir analyser pour cerner vos besoins. Êtes-vous lassé d’errer dans d’interminables menus avant de trouver le réglage qui convient à l’image désirée ? L’objectif vous interdit-il de prendre un insecte de très près ou un animal sauvage de très loin ? Le petit flash intégré montre-t’il ses limites ?
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